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Situation socio-sanitaire et droits à la santé au Togo

Le Togo couvre une superficie de 56 600 km² et compte une population estimée à environ 8,8 millions d’habitants. Près de 45 % de la population a moins de 18 ans, ce qui confère au pays une structure démographique très jeune. Malgré une croissance économique relativement soutenue ces dernières années, le Togo demeure confronté à une pauvreté structurelle persistante, touchant environ 38 à 40 % de la population, avec une vulnérabilité accrue en milieu rural.

L’espérance de vie à la naissance est estimée à environ 61–63 ans. Le pays reste classé parmi ceux à faible développement humain, traduisant des insuffisances notables dans l’accès équitable aux services sociaux de base, notamment la santé et l’éducation. Ces facteurs constituent un terreau favorable à la persistance des maladies chroniques et transmissibles, ainsi qu’aux atteintes aux droits fondamentaux liés à la santé.

VIH/SIDA

Le Togo demeure l’un des pays les plus affectés par le VIH en Afrique de l’Ouest. Le taux de prévalence du VIH chez les adultes (15–49 ans) est estimé à environ 2,1 %, avec une féminisation marquée de l’épidémie. On dénombre près de 100 000 personnes vivant avec le VIH, dont une proportion importante de femmes et d’enfants.

La gratuité des antirétroviraux (ARV), instaurée depuis 2008, a permis une amélioration de l’accès au traitement, avec un taux de couverture thérapeutique supérieur à 70 %. Toutefois, des défis majeurs persistent : dépistage tardif, stigmatisation, maintien dans les soins et prise en charge pédiatrique. Le VIH demeure ainsi un enjeu central de santé publique et de droits humains.

Diabète et maladies non transmissibles

Parallèlement aux maladies infectieuses, le Togo fait face à une augmentation préoccupante des maladies non transmissibles, notamment le diabète. La prévalence du diabète est estimée à environ 5 % chez les adultes, avec une progression liée à l’urbanisation, aux changements de modes de vie et à l’insuffisance de la prévention.

L’accès au diagnostic précoce, aux médicaments et au suivi régulier reste limité, en particulier pour les populations défavorisées. Le coût des soins constitue un obstacle majeur, accentuant les inégalités et exposant les ménages à un risque élevé de précarisation.

Droits à la santé sexuelle et reproductive (DSSR)

Les droits à la santé sexuelle et reproductive demeurent fragilisés par des facteurs socioculturels, économiques et institutionnels. Les besoins non satisfaits en planification familiale restent élevés, en particulier chez les adolescents et les jeunes femmes. Les grossesses précoces, les mariages d’enfants, ainsi que les violences basées sur le genre continuent d’affecter la santé et l’autonomie des filles.

L’accès à une information complète, à des services de santé sexuelle adaptés et respectueux des droits humains demeure insuffisant, limitant la capacité des populations, notamment des jeunes et des femmes, à exercer pleinement leurs droits reproductifs.

La situation sanitaire du Togo est marquée par la coexistence du VIH/SIDA, de la montée du diabète et des défis persistants liés aux DSSR, dans un contexte de pauvreté et d’inégalités sociales. Le renforcement du système de santé, l’amélioration de l’accès équitable aux soins et la promotion des droits humains constituent des priorités essentielles pour répondre durablement aux besoins de la population.